Sara Arana 1er violon
Oscar Aguilar violon
Alfredo yahari violon
Pacita Diez perez violon et alto
Santiago Olmedo violoncelle
Benjamin Baez violoncelle
Victoria Oviedo harpes baroque & paraguayenne
Laura Delogu soprano
Jessica Bogado soprano
Alexandre Chauffaud Direction, orgue et clavecin
Pays trop mal connu, le Paraguay, cette « île au milieu des terres », enclavé entre Argentine, Brésil et Bolivie, fut jadis une grande nation dont ne subsistent de nos jours que quelques vestiges du glorieux passé créé par les missionnaires jésuites et les Indiens guaranis, tel qu’il est raconté dans le célèbre film « Mission » de François Joffé. C’est là que naquit, voici cinq ans, l’ensemble « Paraguay Barroco » : dix jeunes musiciens regroupés autour du claveciniste franco-paraguayen Alexandre Chauffaud, généralement recrutés parmi les couches les plus populaires de la société paraguayenne, et qui ont entrepris une extraordinaire aventure ; celle de partir à ce qu’ils appellent « la recherche des vestiges d’un rêve ». Sans cesse soutenus par le Centre International des Chemins du Baroque de Sarrebourg depuis l’origine du groupe, formés sans relâche aux techniques d’interprétation de la musique baroque, ils constituent aujourd’hui l’une des plus belles équipes musicales de cette Amérique Latine sans cesse à la recherche de son passé culturel et musical.
Voici encore peu en effet, on croyait perdues à jamais toutes ces œuvres de musique sacrée nées de la « Rencontre de deux mondes » et qui font de l’Amérique latine la terre d’élection d’un art musical qui s’y développa dans des proportions stupéfiantes depuis la fin du XVIème siècle et pendant tout le siècle suivant. C’est cet itinéraire que raconteront aux lorrains pendant tout un long mois les jeunes musiciens de « Paraguay Barroco », mêlant instruments européens et autochtones dont le mélange sonore confère une saveur très particulière au langage baroque. Il y a le clavecin, l’orgue, violons et violoncelles, bien sûr, mais lorsque entrent en scène les percussions ou encore la harpe paraguayenne, jouée avec une incroyable virtuosité et telle qu’elle est omni présente au Paraguay d’aujourd’hui, le décor change pour restituer aux auditeurs – toujours surpris – des rythmes et des couleurs inconnus sous nos latitudes. On passe insensiblement d’un psaume religieux à une « Guaracha » endiablée, tandis que se découvrent peu à peu ces « vestiges d’un rêve ». Histoire des civilisations, géographie, magie sonore, tout est présent dans ce spectacle qui raconte « une autre histoire du monde ».
Cette utopie, les musiciens de « Paraguay Barroco » entendent la partager avec d’autres musiciens ; leur faire découvrir – ainsi qu’au public – les richesses de ces patrimoines qu’ils font revivre et c’est dans cet esprit qu’au cours de leur résidence, ils feront de la musique avec de très nombreux jeunes musiciens lorrains. À Forbach ils retrouveront ainsi leurs amis de longue date de l’ensemble scolaire Saint Joseph – La Providence avec lesquels ils prépareront la venue de ceux-ci au Paraguay au mois d’octobre prochain. À Talange, c’est dans le contexte de leur participation au festival « Hommes et Usines », justement placé sous le signe de la diversité culturelle, qu’ils se joindront aux quelque soixante-dix jeunes musiciens de l’École Municipale de Musique et de Danse qui répètent depuis des mois ces œuvres baroques d’une Amérique Latine dont ils découvrent toutes les richesses.Préparé en concertation entre les associations JMF de Lorraine, l’Union Nationale des Jeunesses Musicales de France et « Le Couvent » - Centre International des Chemins du Baroque, ce projet qui constitue le prologue de l’ambitieux programme « Caminos 2011 » un peu à la façon d’une « Opération Signal » a su se trouver de nombreux partenaires. Au premier rang, la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Lorraine, dont le soutien pouvait seul permettre la réalisation des projets pédagogiques de Forbach et Talange, mais également l’Arsenal de Metz qui confiera – le 1er juin – à Paraguay Barroco le soin d’accompagner la présentation de sa saison 2011 – 2012, ou encore le Sénat, invitant la veille cet ensemble à donner au Palais du Luxembourg le concert de clôture de la « Journée Nationale des Amériques » organisée sous son égide. Et lorsque nos jeunes musiciens paraguayens repartiront vers leur pays, après un ultime concert présenté au Maroc dans le cadre du prestigieux Festival de Fès, ils auront permis de faire partager à des milliers d’auditeurs l’amour de la musique, de leur pays, et cette quête des « Vestiges d’un rêve » qui est la leur.