Après avoir sillonné mers et continents pendant 25 ans, les « Chemins du Baroque dans le Nouveau Monde » ont pris fin à l’automne 2011 avec une tournée de plus de 600 musiciens entre la Lorraine et l’Arsenal de Metz, et le Musée du quai Branly à Paris.
Les choses auraient pu s’arrêter ainsi. Mais c’eût été sans compter avec les musiciens qui vécurent toutes ces années d’utopies partagées, et souhaitent se retrouver une ultime fois. Les ruines – d’une beauté exceptionnelle – de Jesus, au Paraguay sont à la mesure d’un tel événement qui constituera la synthèse artistique et humaine de vingt-cinq années des « Chemins du Baroque ».
Synthèse artistique, avec la représentation mise en scène de l’opéra San Ignacio de Loyola, ce petit chef d’œuvre rescapé de l’oubli et retrouvé dans les archives boliviennes, appelé fort justement « opéra de l’altérité », environné des œuvres chorales et instrumentales les plus marquantes composées sur le sol américain à l’époque baroque.
Synthèse humaine, puisque la centaine de musiciens qui offriront ce spectacle viendront des univers sociaux les plus diversifiés des deux continents : lycéens du bassin houiller de Forbach (le chœur « Altérité »), les jeunes élèves du « Conservatoire Itinérant Lorrain », les musiciens invités de Bolivie et d’Argentine y rejoindront les jeunes musiciens paraguayens fédérés par l’ensemble « Paraguay Barroco ».
Plus qu’un concert, cet événement se veut une grande fête musicale : le raccourci en quelques heures de trois jours de célébrations. Le chef d’orchestre Gabriel Garrido en a conçu le programme en reconstituant une fête accueillant un dignitaire religieux dans une Mission Jésuite au début du 18è siècle, et en s’inspirant des fêtes de Saint Ignace dont il a été personnellement le témoin, il y a quelques années.
Paraguay Barroco
Chœur "Altérité" de Forbach
Les professeurs et élèves du Conservatoire itinérant Lorrain
Direction : Clément Bastian y Alexandre Chauffaud
Première partie :
"Dulce Jesús mío" Anónimo (Bolivia)
"Xicochi" Gaspar Fernandes (extr. Cancionero de Oaxaca)
Concerto para 2 cellos Antonio Vivaldi
Misa San Ignacio Domenico Zipoli
Deuxième partie :
"Maria, todo es Maria"
seguido de "Ay del alma mia" Anonyme
Sonata chiquitana Anonyme
Lanchas para Baylar (extr. Codex Martinez Compañon)
Cachuas al nacimiento (idem)
Te Deum Domenico Zipoli
L’ensemble Paraguay Barroco & les jeunes musiciens paraguayens
Les professeurs & élèves du "Conservatoire Itinérant Lorrain"
Solistes vocaux et instrumentistes de la "Capilla Panamericana"
Coro y orchesta de San Ignacio – Moxos (Bolivie)
Direction Gabriel Garrido
Assisté de Judith Pacquier, Clément Bastian et Alexandre Chauffaud
LE PROGRAMME :
1. Te Deum, de Domenico Zipoli. Pièce de bienvenue et d’accueil des villageois. Tous les musiciens jouent ensemble avec des tous les jeunes chanteurs, sur le parvis de l’église.
2. Récitations. Toujours sur le parvis. Ce sont des poèmes récités par des enfants ponctués de chants guaranis (une chanteuse et une harpiste, toutes deux nées dans les Missions) et de danses populaires.
3. Procession d’entée dans l’église, avec les chanteurs de la Chapelle
4. L’opéra San Ignacio de Loyola, attribué à Domenico Zipoli en costumes, avec notamment les « anges arquebusiers » très représentatifs de l’art baroque colonial.
5. Messe de San Ignacio, de Domenico Zipoli. La messe résume la liturgie des trois jours, avec notamment des chants et des danses des Indiens Macheteros.
6. Procession de sortie, en musique, suivie par le public, qui se termine par une grande fête musicale et dansée sur le parvis, à laquelle participent tous les musiciens et le public
une production Cérigo Films
Diffusion sur ARTE LE 31 décembre 2011 à 20h30
La réalisation d'un film produit par CERIGO FILMS sera assurée par Olivier Simonnet, réalisateur renommé de captations et de documentaires sur la musique baroque. Avec lui, nous travaillons à une mise en scène qui mette en valeur la spécificité de ce concert : ce n’est pas simplement un opéra que nous voulons faire découvrir, mais un événement à partager avec le public. La proportion musique/documentaire sera d’environ 70/20 minutes.
Le Concert (70 minutes)
Le concert commencera par la procession d’ouverture, avec entrée des musiciens dans l’allée centrale, et se terminera par leur sortie, suivie du public, sur le parvis où les musiciens improvisent sur des rythmes de salsa. Toutes les parties en extérieur, les processions et la messe seront filmées dans les ruines de Jesus, à ciel ouvert.
Le cœur du concert, 40 minutes environ, sera l’opéra San Ignacio, retransmis dans sa quasi-intégralité. Il sera filmé à l’intérieur de l’église de Yaguaron, bel exemple d’architecture missionnaire. A l’image de l’opéra, la mise en scène sera à mi-chemin entre un oratorio (musiciens sur scène, peu de décor) et un opéra (déplacements et jeu des chanteurs, costumes chatoyants, maquillage).
Tout en se concentrant sur la lisibilité de l’histoire de l’opéra (sous-titres), la captation laissera une grande place aux musiciens, au public, au décor de l’église, à la vie propre à ce concert.
Le documentaire (20 minutes)
La captation musicale sera introduite par une partie documentaire sur les quelques jours précédents le concert, entre préparatifs et répétitions. Cela permettra de présenter l’histoire des Réductions Jésuites et la place de la musique chez les Indiens, tout en soulignant l’aspect doublement exceptionnel de ce concert : un opéra unique en son genre et un concert à l’autre bout du monde rassemblant des musiciens de France et de toute l’Amérique latine.